I
Les agapes pour célébrer l’accession à la royauté de Crète de Minos devaient durer 28 jours – soit une lune complète – et touchaient à sa fin. Le Dieu Poséidon était particulièrement à l’honneur, lui qui avait fait surgir des flots un extraordinaire taureau blanc pour assurer l’accession au trône de Minos en lui en faisant le présent. A la conditions toutefois qu’à la fin des agapes, Minos sacrifie de ses propres mains le superbe animal en l’honneur de son divin bienfaiteur. Mais pour l’instant, l’heure est aux réjouissances et aux plaisirs illimités. Minos, dans la force de l’âge, use et abuse des mets et de l’alcool, et des jeunes filles qui l’entourent continuellement depuis qu’il est devenu roi de Crête. Malgré la présence de son épouse, la belle Pasiphaé, Minos se vautre dans le stupre et laisse les courtisanes lui procurer des plaisirs infinis. Ivre de pouvoir, il n’hésite pas à les saillir devant tout ses convives qui baissent les yeux quand ils regardent Pasiphaé… Mais le roi et son puissant allié sont intouchables et même une épouse modèle comme Pasiphaé ne peut que se résigner.
Elle préfère s’éloigner de la fête pour rendre visite au taureau divin, celui grâce à qui son mari est désormais au pouvoir. Il est attaché dans un petit pré, sans savoir le funeste destin qui l’attend, en principe, dans quelques heures, au petit matin du 29ème jour des agapes.
II
C’est une bête exceptionnelle qui est sorti du royaume de Poséidon. Haute et large, ses muscles sont saillants du cou à la croupe, parfaitement découpés et mis en valeur par le pelage blanc immaculé de l’animal. Ses yeux semblent lancer des éclairs et la reine croit déceler dans le regard bestial une clairvoyance et une volonté hors du commun. Ce n’est qu’un animal se dit-elle en tournant le dos au taureau et en se dirigeant à nouveau vers la lumière et les cris de la fête. Un bel animal certes, qu’il est bien dommage de devoir sacrifier mais telle est la volonté de Poséidon et bien fou serait celui qui s’y opposerait.
Il est tard et bien des convives sont rentrés dans leurs pénates. Minos est toujours là, près du feu ou sa couche a été installée. Une jeune demoiselle est sur ses genoux, face à lui, et il ne faut pas longtemps à Pasiphaé pour deviner que la demoiselle est empalée sur la queue royale. Ses lents mouvements de bassin plongent le roi dans l’extase qui a les mains posées sur les deux petites fesses et accompagne ou guide le mouvement des hanches, nul ne le sait. La fatigue tombe brutalement sur les épaules de Pasiphaé qui décide alors de se retirer tristement dans ses appartements.
III
Pasiphaé se réveille brutalement, saisie d’un sentiment violent, comme si son coeur avait du exploser sous l’effet d’une pression sanguine extraordinaire. Le soleil est déjà haut, proche du zenith, elle a dormi longtemps, écrasée par une triste lassitude. Elle songe à Minos, sans grande affection, et il lui revient qu’il a dû procédé au sacrifice du taureau à l’heure qu’il est. Elle se lève et se prépare à la hâte, envahie par un sombre pressentiment. Pasiphaé se dirige rapidement vers le petit pré de la veille et près duquel un autel a été dressé en vue du sacrifice en l’honneur de Poséidon. Il est recouvert de sang et la reine pousse un soupir de soulagement. Malgré sa nuit agitée, Minos a tenu son engagement ! Elle distingue un peu plus loin la carcasse de l’animal et décide d’aller l’examiner.
A sa grande surprise, le taureau qui gît à ses pieds n’est qu’une pale imitation de la magnifique bête qu’elle a admiré encore hier soir. Pasiphaé, curieusement, ne ressent aucune colère mais au contraire un immense soulagement qu’elle ne s’explique pas. Un serviteur se tient proche de la bête et, le couteau à la main, s’apprête à le découper. La reine s’adresse à lui :
- Dis moi, quel est ce taureau ? Ca n’est pas celui que Poséidon a fait sortir des flots pour porter mon mari au trône ! Peux tu m’expliquer cela ?
- Ma reine, pardonne moi ! lui répond il, le roi m’a interdit d’en parler à quiconque.
- Je suis ta reine, tu l’as dis et je t’ordonne de me livrer ces informations ou il t’en cuira, tu peux me faire confiance !
- Ma reine, tu me plonges dans l’embarras… Le roi n’a pas jugé nécessaire de tuer une aussi belle bête et a pensé que celui-ci ferai l’affaire. Poséidon n’y prêtera pas attention, il a bien d’autres choses à faire ! m’a t’il dit.
A ces mots la reine replonge dans ses pensées qui la surprennent elle-même. Pourquoi ressent elle cet immense soulagement à l’idée que le blanc taureau soit toujours en vie ? Que lui importe t’il ? Elle décide d’aller voir s’il est toujours dans son pré, mue par un instinct brutal qui la pousse presque à courir. Elle a beaucoup de mal à garder son calme.
IV
La bête immaculée est toujours là et broute paisiblement. Elle s’interrompt et lève la tête quand Pasiphaé approche. Quand leurs regards se croisent, le coeur de la reine bondit, la fièvre semble la gagner et en même temps elle frisonne. Un trouble sentiment l’envahit et son regard passe des muscles des épaules à l’entre-jambe du taureau avec une gourmandise qui l’effraye. Elle cherche à distinguer les attributs génitaux de la bête et ne distingue que ses énormes testicules, rose pale, coincées entre ses jambes. La reine sent avec effarement la chaleur monter entre ses cuisses et elle doit admettre qu’un désir violent, charnel, vient de s’emparer d’elle alors qu’elle contemple la bête. Elle veut partir, s’éloigner de cette turpitude mais rien n’y fait, elle ne partira pas tant qu’elle n’aura pas calmé son ardeur.
Le taureau vient tranquillement vers elle et la regarde. Ses yeux ne lancent plus des éclairs, la colère semble en avoir disparu. Pasiphaé y lit désormais une grande tendresse et de la bienveillance, mais sans doute pas la même passion qui l’anime elle. L’animal est maintenant devant elle, son museau à quelques centimètres de son visage. Elle sent son souffle puissant et chaud. Sa main droite caresse la puissante encolure du taureau tandis que sa main gauche passe sous sa tunique et vient caresser sa toison. Elle ferme les yeux, elle sent les muscles de l’animal qui frémisse sous sa main droite tandis que ses doigts de l’autre main commencent à jouer avec son petit bouton et sa fente, qu’elle découvre avec surprise trempée d’une humidité qu’elle n’avait pas connue depuis bien longtemps !
Le plaisir monte vite et ses doigts fins et habiles frottent avec douceur et énergie le sexe de la reine. Bien qu’elle soit effarée de son propre comportement, la puissance du désir de la reine emporte tout et la même rapidement à un orgasme violent. Sitôt qu’elle a repris son souffle, elle s’éloigne en courant de l’animal pour aller s’enfermer dans sa chambre et essayer de comprendre ce qui lui est arrivé.
Lire le chapitre 2.
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Pour en savoir plus sur le mythe de Pasiphae grâce à Wikipedia.
